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L'ADEP et l'AVE avec le Dr Pitel

Chronologie de l’information :
Lundi 2 juillet 2007 : Un éleveur nous interroge sur un cas d’artérite virale découvert au haras du Pin à Nous interrogeons un vétérinaire privé qui nous recommande de contacter le laboratoire « Frank Duncombe » à Caen : il y a effectivement confirmation de cas d’AVE dans l’Orne et dans l’Eure.
Mardi 3 juillet 2007 : Le cas d’AVE au haras du Pin est avéré et les Haras Nationaux informent que le concours international d’attelage est annulé.
Mercredi 4 juillet 2007 : Nous assistons à une réunion d’information sur l’AVE au Haras du Pin avec Madame Bénédicte FERRY, Docteur-Vétérinaire des HN, la Société Hippique Percheronne et des éleveurs de chevaux lourds.
Jeudi 5 juillet 2007 : Réunion du Conseil d’Administration de l’Adep en présence du Docteur-Vétérinaire Pierre-Hugues PITEL du laboratoire « Frank Duncombe » de Caen : A une large majorité, le Conseil décide de reporter tous les concours d’élevage jusqu’au 28 juillet prochain, et publie à 23h30 le communiqué suivant
Comme promis voici une note explicative sur l'artérite Virale Equine qui sévit aujourd'hui en normandie.
Ses symptômes et des recommandations par le Dr Pierre-Hugues PITEL.




L’ARTERITE VIRALE EQUINE
 
Le virus
 
            Le virus de l’artérite virale équine appartient à une famille de virus peu représenté dans le monde animal. Ce virus a été isolé la première fois en 1953 aux Etats-Unis. Pendant environ 30 ans il a suscité peu d’intérêt jusqu’en 1984, année d’un épisode très sévère dans le Kentucky.
Il existe une grande variabilité génétique des souches virales isolées dans le monde et une grande variabilité de pouvoir pathogène (grande variabilité dans les symptômes observés).
            Le virus est assez peu résistant dans l’environnement. Il est sensible à la plupart des désinfectants classiques (notamment virucides). Il est sensible au soleil, aux fortes chaleurs et à l’humidité. Par contre le virus est résistant à la réfrigération et à la congélation. Il peut conserver son pouvoir pathogène plusieurs années dans du sperme congelé.
 
Sensibilité des espèces
 
            Seuls les équidés sont sensibles au virus de l’artérite virale équine. Ainsi, par exemple, pas plus les bovins que l’homme ne sont sensibles à ce virus.
 
Contamination
 
            La contamination des chevaux peut avoir lieu par deux voies principales : la voie respiratoire et la voie sexuelle (voie vénérienne directe ou insémination par du sperme congelé). La période d’incubation (entre la contamination et le début des symptômes) varie de 3 à 14 jours. Il semble que cette période soit plus courte lors de contamination par voie respiratoire et plus longue lors de contamination par voie génitale. Bien que peu résistant dans l’environnement, de rares contaminations indirectes ont été observées via du matériel de soins ou d’élevage.
 
Symptômes
 
            L’apparition de symptômes lors de contamination n’est pas systématique. L’apparition et la gravité des symptômes dépend de la virulence de la souche virale et de la sensibilité de l’animal infecté (faiblesse immunitaire, âge, stade sexuel…). En France depuis 10 ans, les souches isolées ne présentaient pas de pouvoir pathogène important. Les juments contaminées par des étalons excréteurs ne présentaient aucun symptôme pas plus que les mâles. Une des particularités de l’épisode normand de ce début d’été réside dans l’existence de symptômes plus ou moins sévères ayant pu aboutir à la mort de poulains.
            Les symptômes sont peu spécifiques et peuvent aussi évoquer d’autres processus infectieux tels que la grippe ou la rhinopneumonie dans les formes d’artérites les plus significatives. Les symptômes les plus souvent rencontrés sont une augmentation de la température (jusqu’à 40°C), de l’abattement, des oedèmes (membres, fourreau, salière, auge, testicules), de la conjonctivite, des écoulements naseaux séreux, plus rarement de la toux, une pneumonie (surtout chez les poulains), des avortements (3 à 10 mois de gestation), des naissances prématurées. Dans ce dernier cas, les poulains naissent infectés et développent le plus souvent des pneumonies quasi systématiquement fatales. Quelques cas associant des symptômes respiratoires et digestifs ont aussi été rapportés. Dans l’épisode auquel nous sommes confrontés, les symptômes les plus rapportés ont été la fièvre, un abattement inconstant, des oedèmes des salières, des testicules, du fourreau ou de la partie de l’abdomen entre l’ombilic et la mamelle. Certains de ces oedèmes ont été très discrets. Les poulains morts ont tous présenté des symptômes respiratoires importants. Les écoulements naseaux ont été très inconstants.
            Hormis chez les poulains, la plupart des animaux guérissent en quelques jours. Les étalons peuvent par contre rester excréteurs asymptomatiques de virus dans le sperme pendant plusieurs années. Lors de contamination initiale, les étalons peuvent montrer une baisse de la fertilité jusqu’à 4 mois.
Durée d’excrétion
Les secrétions et aérosols respiratoires peuvent demeurer infectieux jusqu’à 16 jours après l’apparition des symptômes. Les secrétions génitales et les annexes fœtales sont aussi infectants. Lors de contamination expérimentale, des tissus sont restés infectés jusqu’à 28 jours. Après cette période les juments gardent des anticorps témoins de la maladie mais ne sont plus infectantes alors que les étalons peuvent rester excréteurs du virus dans le sperme.
Diagnostic
            Il repose soit sur l’identification du virus par culture ou biologie moléculaire (plus rapide) pendant la phase de fièvre, soit sur la sérologie. Dans ce cas il est préférable de faire une cinétique d’anticorps (en début de maladie et 3 semaines après). La sérologie est par contre très utilisée en dépistage et suivi initial lors de la monte. En cas de positivité pour un étalon, il faut réaliser un prélèvement de sperme et rechercher le virus.
Traitements
Il n’existe pas de traitement spécifique de l’artérite virale équine. Il faut soutenir l’animal et le soulager (anti-pyrétique, anti-inflammatoire, vitamine C…).
Prophylaxie
Il existe un vaccin tué disponible en France.
La plupart des mesures de lutte et de prévention reposent sur deux stratégies : éviter de rentrer la maladie dans l’effectif, diagnostiquer précocement et isoler les animaux malades et les effectifs atteints. Il est aussi souhaitable de finir les soins par les animaux infectés ou suspects, et désinfecter le matériel servant aux animaux malades ou suspects. La fièvre étant un symptôme quasi systématique, il est conseillé de prendre la température au moindre doute et d’appeler le vétérinaire. De nombreux programmes de contrôle utilisent aussi le dépistage des étalons excréteurs asymptomatiques et de surveiller le typage des souches isolées.
 
 

Article mis en ligne le 10/07/2007.



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